Pitey

Pitey est un mot de 5 lettres formé à partir du mot Pite auquel on ajoute la lettre Y.

Pitey
Pitey

Le pitey (en gascon lo pitèir) est une échelle rudimentaire à un seul montant, taillée dans un tronc de jeune pin, utilisée par les gemmeurs des Landes de Gascogne pour atteindre le haut des entailles (les « cares ») pratiquées sur les pins maritimes (Pinus pinaster) en cours de gemmage.

Description et usage

Sur un pin gemmé, l'entaille rafraîchie chaque semaine, appelée « care » ou « carre », s'élève progressivement d'année en année et pouvait atteindre jusqu'à quatre mètres de hauteur. Pour continuer à piquer l'arbre une fois cette hauteur devenue inaccessible à main levée, le résinier s'aidait du pitey, une simple jambe de bois de pin de deux à trois mètres de haut, flanquée de cale-pieds (les « paousse-pé ») qui faisaient office de marches. L'outil était calé au pied dans le sable et appuyé en haut contre le tronc du pin à travailler, à hauteur voulue.

Ne disposant pas d'un tabouret ou d'une échelle classique, trop encombrants à transporter d'arbre en arbre à travers la forêt, et n'utilisant pas non plus les échasses des bergers landais, les gemmeurs ont ainsi développé cet outil propre à leur activité, plus léger et plus maniable qu'une échelle ordinaire. Un observateur allemand du XIXe siècle rapporte que l'habileté des résiniers du Marensin à grimper pieds nus sur leur pitey était telle qu'elle avait frappé le naturaliste Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, qui les avait qualifiés de « quadrumanes ». Des observations ultérieures attribuées à un certain Réveil montrèrent que les habitants des Landes présentaient effectivement un gros orteil anormalement mobile et écarté des autres, adaptation résultant de la pratique, dès l'enfance, de l'escalade pieds nus de cet outil.

Étymologie

En gascon, le terme pitèir désignait à l'origine, plus largement, tout ce qui permet de se hausser ou de prendre de la hauteur, du mirador de surveillance forestière à la tour de guet utilisée pour la chasse à la palombe. L'usage a fini par réserver ce nom à la seule échelle du résinier.

Illustrations

Équivalents à l'étranger

Dans les autres traditions de gemmage européennes, le recours à un dispositif d'appoint pour atteindre les entailles situées en hauteur n'est pas propre aux Landes de Gascogne. En Autriche, où l'extraction de la résine du pin noir (Pecherei) suit un rythme comparable au gemmage landais, chaque Pecher fabriquait lui-même son échelle, qui devait être conçue aussi légère que possible pour être transportée d'arbre en arbre à travers la forêt tout au long de la saison.

Dans le sud des États-Unis, le gemmage pratiqué dans les camps de térébenthine consiste à entailler le même tronc à des hauteurs croissantes d'année en année conduisait de la même façon les ouvriers à devoir se servir d'une échelle lorsque les marques de saignée grimpaient trop haut sur le tronc pour être atteintes autrement, comme en témoignent des arbres exploités sur plusieurs mètres de hauteur conservés dans des collections muséales de Caroline du Nord.

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie

Roger Sargos, Contribution à l'histoire du boisement des Landes de Gascogne, Bordeaux, Delmas, 1949, 16 cartes et plans, 107 illustr., 836 (présentation en ligne).

Jacques Sargos (3e éd. en 2004), Histoire de la forêt Landaise : Du désert à l'âge d'or, Bordeaux, Horizon chimérique, 1997, 559 p. (ISBN 9782907202619, présentation en ligne).

Voir aussi

Mots et expressions du Sud-Ouest de la France

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