Pelta

Pelta est un mot de 5 lettres formé à partir du mot Pelt auquel on ajoute la lettre A.

Pelta
Pelta

La pelta ou pelte (en grec ancien πέλτη / péltê) est un bouclier léger, ordinairement en forme de croissant pointé vers le haut, le bord supérieur découpé d'une ou deux échancrures demi-circulaires. Les Grecs antiques ont fait de cette arme propre aux peuples orientaux le bouclier des Amazones. Devenue à l'époque romaine un motif ornemental répandu, elle reste présente dans les emblèmes de diverses institutions contemporaines.

La pelta, arme orientale

Ce bouclier est fait de bois ou d'un treillage d'osier, recouvert de cuir épais et dépourvu de cerclage métallique. Il est muni d'une poignée, ainsi que de courroies qui permettent de le porter sur le dos.

De forme quelquefois elliptique, en croissant de lune le plus souvent, cette arme est, aux yeux des Grecs, propre aux peuples asiatiques et aux Thraces, chez qui ils l’ont découverte. Enrôlés comme mercenaires puis comme forces régulières dans les armées grecques, les Thraces conservent ce bouclier qui leur vaut le nom de peltastes, donné ensuite à des formations qui tiennent le milieu entre soldats lourdement armés et troupes légères.

Les archers perses que montrent les vases grecs sont munis à partir du milieu du Ve siècle av. J.-C. d'un bouclier échancré — pour permettre une meilleure vision — similaire à une grande pelta et qui en vieux perse semble appelé taka (à rapprocher du français targe). Les armées perses se dotent d’unités de takabara (« porteurs de taka ») que les sources grecques assimilent à des peltastes.

Les Scythes d’Europe utilisent eux aussi ce type de boucliers, comme le montre celui que porte l'un des protagonistes de la scène de combat qui figure sur le peigne d’or du IVe siècle av. J.-C. trouvé dans le kourgane de Solokha, en Ukraine.

À Rome, sa forme caractéristique lui vaut l'épithète de lunata, tandis que le mot pelta s'emploie souvent pour d'autres, ronds ou quadrangulaires, comme celui du gladiateur appelé thrace, qui est un petit bouclier léger de forme carrée.

La pelta, arme des Amazones

Parce qu'elle est considérée comme une arme typique des barbares de l'Asie du Nord, la pelta est attribuée aux Amazones aussi bien par les poètes, qui les appellent peltatae ou peltiferae, que par les artistes, qui sur les vases et beaucoup de sculptures les représentent munies de boucliers à simple ou double échancrure.

Les représentations les plus anciennes leur donnent toutefois des boucliers ronds ou ovales, semblables à ceux des Grecs qu’elles combattent. Il est plausible que l’apparition de la pelta dans les peintures d’Amazones à cheval au milieu du Ve siècle av. J.-C. résulte de son introduction dans les unités de cavalerie perses que les Athéniens commençent à affronter à la même époque.

Quintus de Smyrne (Suite d’Homère, chant I, vers 147-149) donne cette description du bouclier de la reine Penthésilée :

« Elle prit son bouclier divin, semblable au croissant de la lune lorsqu'elle s'élève au-dessus de l'Océan profond, emplissant à moitié son disque et courbant ses pointes : tel était ce large bouclier. »

La pelta dans les décors antiques

À l'époque romaine, les boucliers d'Amazones connaissent une très grande faveur et se répandent dans le décor des mosaïques et les arts décoratifs en général. Des peltae encadrent souvent les cartouches porteurs d’inscriptions sur des monuments funéraires de divers types (cippes, stèles, sarcophages), ce qui peut inciter à attribuer à ce motif, en plus de sa valeur décorative, un sens funéraire.

Selon Gilbert Charles-Picard, la pelta à l'époque impériale symbolise la virtus, les Amazones étant devenues « les symboles de la vertu guerrière […] qui constituait la principale des qualités royales requises par la théologie hellénistique ». Robert Gavelle, évoquant la similitude entre « la forme de la pelta et la feuille de lierre », y voit quant à lui un attribut bachique.

L'opinion la plus fréquemment admise lui prête une valeur apotropaïque semblable à celle du gorgoneion. C’est par exemple le cas s’agissant des pendentifs où se combinent peltae et figurations phalliques, qui cherchent peut-être, en associant symboles féminin et masculin, à maximiser leur pouvoir magique de protection.

La pelta à l’époque contemporaine

La symbolique de la pelta continue d'être utilisée à l’époque contemporaine par les institutions civiles ou militaires de plusieurs pays.

En France

Déjà présente sur le plafond de la chambre d’Henri II au palais du Louvre ou sur une frise du salon de la Guerre à Versailles, la pelte se multiplie dans l’ornementation extérieure et intérieure des bâtiments publics édifiés au XIXe siècle. Elle est notamment l’un des éléments les plus souvent rencontrés dans la décoration des palais de justice, où ce bouclier symbolise la fonction protectrice de l’institution judiciaire.

Au XXe siècle, elle acquiert une nouvelle visibilité en entrant dans l'emblème officieux qui tient lieu d’armoiries à la République française. Cette composition du graveur Jules-Clément Chaplain représente en effet en son centre une pelta étirée en largeur — forme singulière pour un écu. Adoptée par le ministère des Affaires étrangères en 1912, elle apparait notamment en façade des postes diplomatiques et consulaires et sur la couverture des passeports français. Elle est aussi à la base du logo de la présidence de la République française.

En Pologne

Un motif important dans la symbolique des Forces armées polonaises montre l’aigle nationale posée sur le « bouclier des Amazones » (en polonais : tarczy amazonek). Apparu au XVIIIe siècle, ce symbole reçoit sa forme contemporaine en 1815.

Traditionnellement, la pelte servait de support pour l’identification de l’unité d’appartenance du porteur de l’insigne : c’est selon ce principe que sont créées en 1918 l’aigle de la Marine, posée sur un bouclier bleu chargé d’une ancre, puis en 1935 celle de l’Aviation, encadrée de deux ailes de hussard. De même, la pelte des Forces spéciales se distingue par sa couleur noire, tandis que celle des Forces de défense territoriale arbore une kwotica.

En Suède

L’ordre de l’Épée, créé en 1748 pour récompenser les militaires suédois méritants, se porte sur un collier où alternent épées munies de leurs fourreaux et casques antiques posés sur des « boucliers d’Amazone » (en suédois : amasonsköldar).

Notes et références

Notes

Références

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