Golha

Golha est un mot de 5 lettres formé à partir du mot Golh auquel on ajoute la lettre A.

Golha
Golha

Golha (en persan : گل ها, Fleurs), également connu sous le nom de Barname-ye Golha (« Programmes Golha »), est une émission de télévision et de radio diffusée par la Radio et télévision nationales iraniennes sur Radio Téhéran, de 1956 à 1979. L'histoire de cette émission est documentée par le Projet Golha. Elle a comporté 1 400 émissions, soit environ 886 heures de musique et de poésie. En raison de son niveau de qualité, elle reste une référence dans la culture iranienne.

Histoire et contenu

Les émissions radiophoniques Golha (« Fleurs de la poésie et de la musique »), initiées par Davoud Pirnia, qui en est le fondateur et le directeur, débutent sous le nom de « Fleurs éternelles » (Golha-ye javidan) sur Radio Téhéran. La première émission est diffusée à l'occasion de Norouz (nouvel an persan) le 21 mars 1956. Le morceau joué par le clarinettiste Mohammad Shirkhodaï devient par la suite l'indicatif de l'émission. Présentée par Davoud Pirnia, Ahmad Ebadi (en) et Abd-al-ʿAli Waziri, elle ne dure d'abord qu'une dizaine de minutes. Elle consiste en un commentaire sur Hafez, puis la récitation de l'un de ses poèmes chanté ensuite par Ebadi. Dans la deuxième émission, c'est Gholam Hossein Banan qui chante Rumi. Le succès du programme, qui perdure jusqu'à la retraite de Pirnia en 1967, encourage à en allonger le format.

Ces émissions proposaient des commentaires littéraires, des déclamations de poésie chantées avec accompagnement musical et des interludes musicaux. Cependant, conscient du caractère élitiste de la formule, Pirnia décide de la diversifier. D'autres émissions, abordant des thèmes légèrement différents, sont ajoutées ultérieurement à cette série après 1956, à commencer par « Fleurs multicolores » (Golhaye Rangarang). Alors que Golha-ye javidan privilégie la poésie classique et le chant traditionnel persan (avaz), la nouvelle émission ouvre son antenne à la poésie contemporaine et à des formes musicales moins savantes (tasnif et taraneh).

Suivent « Un rameau de fleurs » (Yek shākha gol, qui se concentre sur un poète ou un musicien), « Feuille verte » (Barg-e sabz, consacrée à la poésie mystique) et « Fleurs du désert » (Golhā-ye sahrāʾi, qui fait découvrir la musique folk des différentes régions d'Iran).

Durant les onze années où Pirnia a supervisé la production de la série « Golha », ces cinq programmes représentent 1 400 émissions, soit environ 886 heures de musique et de poésie : « Fleurs éternelles » (157 émissions), « Fleurs colorées » (481 émissions), « Feuille verte » (481 émissions), « Un rameau de fleurs » (465 émissions) et « Fleurs du désert » (64 émissions). La retraite de Pirnia de ses activités radiophoniques en 1967 est suivie de plusieurs années d'instabilité. De 1967 à 1972, son successeur Mirnaqibi peine à maintenir le niveau de qualité de l'émission. En 1972, sous la direction de Houshang Ebtehaj, les différentes émissions fusionnent sous le titre de « Fresh Flowers » (Golha-ye tazeh) .

L'émission dispose de son propre orchestre, fondé et dirigé par Rouho’llah Khaleqi.

Influence

Les programmes sont de grande qualité et témoignent d'un haut degré d'exigence. Davoud Pirnia ne sélectionne que les meilleurs poètes et musiciens. Pourtant, le programme rencontre un franc succès dans toutes les couches de la société iranienne. À l'époque, les seuls médias sont la presse et la radio. Mais du fait d'un taux d'analphabétisme important, seule la radio est accessible à tous. L'émission rencontre une forte audience. Le bureau de la radio iranienne reçoit chaque semaine des centaines de lettres d'admirateurs, publiées dans le mensuel Radio-e Iran. Aujourd'hui encore, Golha est considéré comme une référence.

Elle a pour effet de diffuser largement dans la société iranienne une culture littéraire et musicale. Les poètes classiques deviennent familiers à tous les Iraniens. Les chanteurs et musiciens voient leur statut social amélioré. En effet, avant Golha, ils sont peu nombreux à pouvoir vivre de leur talent. L'émission lance la carrière d'artistes prestigieux comme Mohammad Reza Shadjarian, Marzieh, Akbar Golpayegani (en), Elaheh (en), Iraj et Sima Bina. Elle améliore aussi la considération du public à l'égard des artistes. En raison d'un préjugé religieux, la pratique musicale était mal vue, les musiciens qualifiés de motrebs (« ménestrels », avec une connotation péjorative). Auparavant, la musique se pratiquait à huis clos, dans des majles (des réunions privées). Désormais, les musiciens gagnent en respectabilité.

L'émission passe pour avoir permis de sauvegarder la musique persane traditionnelle, à une époque où elle était menacée par les influences étrangères, notamment occidentale.

Fin et héritage

Les émissions Golha étaient diffusées sur une station de radio d'État et cessèrent toutes avec la révolution iranienne de 1979. Durant les premières années qui suivirent, la musique et le chant étaient considérés comme contre-révolutionnaires et mal vus. Nombre d'artistes Golha émigrèrent définitivement d'Iran et beaucoup de ceux qui restèrent cessèrent de se produire en public pendant plusieurs années.

Mohammed Reza Shadjarian exprime sa dette et sa nostalgie à l'égard de Golha, qui a constitué un âge d'or : aujourd'hui, dit-il, la musique diffusée à la radio iranienne ne sert plus qu'à combler les vides entre les programmes.

Les chanteuses, comme Pouran (en), Elaheh et Marzieh, sont bien représentées parmi les vedettes de l'émission Radio Golha. Mais les révolutionnaires leur interdisent de chanter en solo. Elles sont libres de jouer de la musique instrumentale, de chanter parmi un chœur, et de se produire en solo devant un public exclusivement féminin, mais l'enregistrement des chanteuses en solo est interdit. C'est une rupture décisive et malheureuse par rapport à l'esprit de Radio Golha.

Homayoun Khorram, violoniste et membre des musiciens de Golha, a déclaré 25 ans après la fin de l'émission : « Les programmes de Golha doivent être considérés comme un véritable trésor sonore de l'histoire de la musique traditionnelle persane. Compte tenu des efforts considérables déployés pour leur production et de leur forte influence sur la société, ils restent aujourd'hui encore la meilleure ressource pour notre musique. Il est donc essentiel que ces programmes soient préservés et transmis aux générations futures. ».

Jane Lewisohn, chercheuse au département de musique de l'Université de Londres (School of Oriental and African Studies), a mené des recherches d'archives sur Golha à partir de 2005, ce qui a contribué à la création du projet Golha. Parmi les autres organisations soutenant le projet Golha figurent le British Institute of Iranian Studies, l'Iranian Heritage Organization à Londres et la British Library. Le projet aboutit à la numérisation des archives de l'émission, et à la constitution d'une base de données mise en ligne et interrogeable depuis 2012.

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Golha (radio programmes) » (voir la liste des auteurs).

Liens externes

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