Debru

Debru est un mot de 5 lettres formé à partir du mot Debr auquel on ajoute la lettre U.

Deabru est un des mots basques désignant le « diable » et un esprit mauvais ou génie, assimilé au diable chrétien. Il est considéré comme tyrannique, kidnappeur d'âmes, dont le but est de nuire aux gens, ou de les influencer à mal se comporter.

Étymologie

Deabru signifie « diable » en basque. Le suffixe a désigne l'article : deabrua se traduit donc par « le diable ». Autres appellations : Etsai, Tusuri (en Soule).

Description

En dehors de l'optique chrétienne, où il est aussi le symbole de la misère où conduit l'arrogance, c'est un génie de caractère tyrannique qui séquestre les âmes. Il revêt parfois une apparence humaine, mais d'autres fois avec les apparences les plus diverses d'animaux ou de bêtes imaginaires, comme celle du serpent (Sugaar), du bouc (Aker), du taureau rouge (Zezengorri), etc.

En tant que génie particulier, l'une de ses fonctions consiste à susciter chez l'homme de mauvais comportements vis-à-vis de son prochain, afin qu'il lui porte quelques préjudices, tant dans sa personne que dans ses biens.

Il est fréquemment représenté sous forme d'une statue d'aspect humain, au pied de San Miel, par exemple dans l'ermitage du même nom sur le mont Ereñozar de Ereño. Deux légendes sont connues à Urdaibai, San Martin eta Deabrua et San Miel Ereñozarrekoa, dans lesquelles Deabru apparaît comme l'un des personnages.

Une fois cependant, il a été représenté sous les traits féminins dans l'une des statues de l'église d'Elkano (Navarre).

Deabru est associé ou porte le nom de Galtzagorri, Gaiztoa, Etsai, Txerren, Ilunbeetako Printzea, Aidegaixto, Izterbegia, Gaizkina, Tusuri, Plaga, Kinkilimarro, Iruadarreko, Gaueko, Addar, Laxaborrete, Barraban, Mattin ou Patxi.

Deabru et le serpent

Il était évident que le serpent basque a rencontré un jour le serpent de la Bible. Dans le monde chrétien, le serpent et le dragon sont synonymes du mal et de Satan. Il n'est pas certain que les Basques ont accepté cet amalgame, car comme on peut le constater au Pays basque, les tailleurs de pierre font cohabiter le serpent avec IHS. Autre exemple à la cathédrale de Bayonne où le serpent est coiffé d'un bonnet de théologien, ou ailleurs, on remarque que certaines statues de Saint-Michel luttant contre le dragon, les serpents ont un corps de femme.

Différents noms

Si on compare avec les autres noms, on obtient une classification spécifique :

Deabru → nom emprunté au latin diabolus → nom chrétien générique

Gaizkin(a) → « le malfaisant » → fonction / caractère

Etsai → « ennemi » → relation / opposition

Beste mutil → « autre garçon » → euphémisme

Galtzagorri / Prakagorri / Kapagorri → « rouge-pantalon / rouge-cape » → vêtement / couleur

Plaga → « fléau » → effet nuisible

Txerren → nom propre/traditionnel du personnage → désignation mythologique

Tusuri → nom régional souletin du personnage → désignation dialectale

Kinkilimarro → nom folklorique dont la formation est différente → nom lexicalisé

Hattan / Kattan, Munttiot → noms dialectaux / traditionnels

Addar → « corne » → attribut physique du diable

Notes et références

Bibliographie

Anuntxi Arana (trad. Edurne Alegria), De la mythologie basque : gentils et chrétiens [« Euskal mitologiaz : jentilak eta kristauak »], Donostia, Elkar, 2010, 119 p. (ISBN 9788497838214 et 8497838211, OCLC 698439519)

Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, 1er octobre 2005 (1re éd. 1879), 328 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)

Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, 2006 (1re éd. 1876), 338 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)

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