Coase

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Coase
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Eira barbara, le Tayra ou Taira, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés, vivant en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. C'est la seule espèce du genre Eira. C'est un animal au régime alimentaire omnivore a l’aspect très semblable à celui des martres et des belettes, d’où son ancien nom de Martre à tête grise, pouvant atteindre une longueur allant jusqu'à 71 cm, queue exclue, mais qui peut s'étendre sur 46 cm de longeur. Les mâles sont plus grands et légèrement plus robustes que les femelles. Ils pèsent jusqu'à 7 kg et ont un pelage court, brun foncé à noir, qui est relativement uniforme sur tout le corps, les membres et la queue. Leurs pattes ont des doigts de longueur inégale et leurs griffes sont courtes, crochues et adaptées pour la course et l’escalade.

Ils vivent dans la majeure partie de l'Amérique du Sud à l'est des Andes, sauf en Uruguay, de l'est du Brésil et de presque toutes les régions du nord de l'Argentine. Ils sont également présents dans toute l'Amérique centrale, au Mexique jusqu'au sud de Veracruz et sur l'île de Trinité. Ils ne sont généralement présent dans les forêts tropicales et subtropicales, bien qu'ils puissent traverser des savannes et les terres cultivées la nuit tombée pour se déplacer entre les zones forestières. Ce sont des grimpeurs habiles, utilisant leur longue queue pour garder l’équilibre en hauteur. Ce sont des animaux diurnes solitaires, bien qu'occasionnellement actifs en fin d'après-midi ou la nuit. Ce sont des omnivores opportunistes, chasseurs de rongeurs et d'autres petits mammifères, ainsi que d'oiseaux, de lézards et d'invertébrés, et grimpent aux arbres pour récolter des fruits et du miel.

Les populations sauvages sont abondantes, mais tendant à diminuer petit à petit dans certaines zones : les facteurs incluent les collisions routières ; les interactions toujours plus pesantes avec les animaux domestiques, ce qui peut générer une compétition pour les ressources et la transmission de zoonoses ; la mort accidentelle pendant le brûlage des champs de canne à sucre ; et les conflits avec les aviculteurs, les apiculteurs et les agriculteurs. L'espèce est inscrite comme Préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN, sauf pour sa population inscrite sous le nom de sous-espèce E. b. senex qui est classée comme vulnérable. L'espèce a été incluse par le Honduras dans l'Annexe III de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Au Brésil, elle a été classée comme moins préoccupante sur les listes de São Paulo et du Paraná, mais vulnérable dans le Rio Grande do Sul.

Dénominations

Nom scientifique : Eira barbara (Linnaeus, 1758) selon Mammal Diversity Database (3 juillet 2026) ;

Nom recommandé ou typique en français : Tayra(Taira ou Taïra) ;

Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Martre à tête grise, Glouton tayra (archaïque), Grison tayra (archaïque) ;

Noms vernaculaires (langage courant) : Martre (Marte)

Noms vernaculaires locaux : tolomuco ou perico ligero en Amérique centrale, motete au Honduras, irara au Brésil, tejón melero en Bolivie, san hol ou viejo de monte dans la péninsule du Yucatán, et high-woods dog ou historiquement chien bois à Trinité.

Dénominations et étymologie

Le nom du genre Eira provient du nom indigène attribué à l'animal en Bolivie et au Pérou, tandis que l'épithète spécifique barbara dérive du latin barbarus, signifiant « étrange », « sauvage » ou « étranger ». L'origine du nom commun tayra (ou francisé en taira) reste obscure, mais elle est empruntée aux langues espagnole et portugaise, qui l'ont elles-mêmes tiré du tupi-guarani pour désigner ce mustélidé. Dans la même famille linguistique indigène d'Amérique du Sud, d'autres variantes se rapportant à l'animal évoquent l'expression « voleur de miel », composée de ira ou eira (le miel) et de ra (prendre), tandis que d'autres termes associent ce prédateur au jaguar ou à l'ocelot. En espagnol, l'animal possède une grande variété de noms régionaux, tels que hurón mayor, amingo, cabeza de mate, gato negro, tolomuco ou encore viejo de monte. En maya, il est appelé san hol et en kwazá il porte le nom de hure. En ce qui concerne ses anciennes sous-espèces, l'épithète inserta vient du latin insertus (« inséré » ou « introduit ») ; madeirensis fait référence au Rio Madeira au Brésil ; peruana désigne le Pérou ; poliocephala est composé du grec ancien polios (« gris ») et `kephalē` (« tête »), signifiant « qui a la tête grise » ; senex signifie « vieillard » en latin, en écho au nom espagnol cabeza de viejo faisant allusion à sa tête grisonnante ; et enfin sinuensis fait référence au fleuve Sinú en Colombie.

Taxonomie

Le Tayra apparaît dès la dixième édition du Systema Naturae du naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le protonyme de Mustela barbara. Linné indiquait originellement comme localité type « Habitat in Brasilia » (vit au Brésil), une zone restreinte en 1913 par Einar Lönnberg à la région de Pernambouc dans le Nord-Est du pays.

L’espèce a par le passé été placée dans de nombreux genres, tels que Viverra, Martes ou encore Gulo, avant que le genre Eira ne soit formellement décrit et théorisé en 1842 par le naturaliste britannique Charles Hamilton Smith . C'est aujourd'hui l'unique représentant vivant de ce genre. Pour autant, il aura été classé pendant un certain temps au côté des Grisons, dans le genre Galictis.

L'espèce a également fait l'objet d'études taxonomiques globales ou d'analyses d'organes par Burgin et al. (2020), d'analyses phylogénétiques crâniennes par Law (2019), d'études biogéographiques par Hershkovitz (1972), ou de recherches liées à la parasitologie par Guimarães (1940) et Guimarães & Linardi (1993), ainsi que Ray et al. (1981) et Scott (1937) sur les formes fossiles apparentées (comme Galera macrodon décrit par Cope).

Sous-espèces

Bien que des ouvrages de référence historiques comme Mammal Species of the World (version 3, 2005) (29 mai 2013) ou l'Illustrated Checklist of the Mammals of the World divisaient historiquement l'espèce en plusieurs taxons infraspécifiques, les analyses génétiques et morphologiques publiées en 2020 suggèrent plutôt que l'espèce est monotypique. Les variations de taille et de couleur de pelage, tout comme les données issues de l'ADN mitochondrial (ADNmt), ne montrent pas d'isolement géographique net au sein de son aire de répartition continue, remettant en cause la validité des sous-espèces.

Histoire évolutive

Deux espèces fossiles appartenant au genre Eira ont été décrites pour la période post-pliocène dans les États du Maryland et de la Virginie sous les noms de Galera macrodon et G. perdicida. Si la seconde pourrait en réalité appartenir au genre Mephitis (les mouffettes), la première a été réattribuée au genre fossile Trigonictis sur la base de fragments supplémentaires issus du Blancan (période s'étendant de 4,7 à 1,4 million d'années) découverts dans plusieurs États américains (notamment le Washington, l'Idaho et la Floride).

Le genre éteint Trigonictis est considéré comme une forme intermédiaire et un ancêtre commun aux genres actuels Galictis (les grisons) et Eira. Des théories biogéographiques s'affrontent sur l'origine du groupe : Philip Hershkovitz (1972) suggère que Eira et d'autres lignées endémiques de mustélidés sud-américains (comme Lyncodon ou Pteronura) ont évolué in situ en Amérique du Sud avant de migrer vers le nord lors du grand échange faunique interaméricain via l'isthme de Panama. À l'inverse, des chercheurs comme Ray (1981) soutiennent une origine purement nord-américaine pour le genre Eira antes de sa dispersion méridionale.

Phylogénie et classification

Le Tayra appartient à la sous-famille des Guloninae. Au sein de ce groupe, il occupe une position basale, formant un clade frère avec le Pékan, le Glouton et les Martes.

Cladogramme des genres de Guloninae d'après Koepfli et al. (2008) :

Description

Le Tayra est un mustélidé de grande taille au corps long et svelte, ressemblant à une grande martre ou au pékan, mais évoquant légèrement un glouton plus petit et plus élancé. Ses membres sont allongés et sa queue, particulièrement touffue, mesure environ les deux tiers de la longueur du reste de son corps. Il mesure de 55,9 à 71,2 cm de longueur (sans compter la queue qui s'étend sur 36,5 à 46 cm), la longueur de ses oreilles varie de 0,3 à 0,42 cm, celle de ses pattes postérieures de 0,9 à 12,3 cm, et son poids oscille entre 2,7 et 7 kg. L'espèce ne présente pas de variabilité géographique concernant les dimensions du corps. Un dimorphisme sexuel est présent : les mâles adultes sont environ 30 % plus grands que les femelles, une différence toutefois moins marquée que chez d'autres genres de mustélidés. Les mâles sont également plus musclés et robustes, en particulier autour du cou et des épaules.

Pelage et variations chromatiques

La fourrure est courte et dense, pourvue d’un sous-poil doux et brun. Le dos, les pattes, les pattes et la queue sont d'un brun sombre à noir, ce qui contraste fortement avec la tête et le cou qui sont nettement plus clairs, généralement gris foncé, gris-brun ou jaune pâle. Chez certains spécimens mais plus rares, la tête et le cou restent brun foncé, s'harmonisant avec la couleur du reste du corps. La face ventrale est brun foncé ou noire, à l'exception d'une tache pectorale ou gutturale claire, allant du jaune pâle à l'orangé et affectant souvent une forme triangulaire ou de « cœur ». Cette tache est unique en couleur, en forme et en taille pour chaque individu, ce qui permet aux biologistes et spécialistes de l’identifier sur le terrain.

Les jeunes individus naissent entièrement noirs, arborant parfois une tache blanche sur la gorge, une tête blanche ou une ligne médiane sombre s'étendant jusqu'à la queue. Avec l'âge, des pointes blanches apparaissent sur les poils de garde, conférant à l'animal un aspect « givré ». Des individus albinos, blancs, amélaniques ou entièrement jaunâtres (notamment signalés en Guyana) sont documentés, ces morphes d'origine génétique étant nettement moins rares chez le Tayra que chez les autres mustélidés.

Caractéristiques anatomiques et sensorielles

La tête se caractérise par de petites oreilles arrondies qui ne dépassent pas du sommet du crâne, de longues moustaches rigides et des yeux noirs présentant un reflet bleu-vert. Les pattes présentent des doigts de longueur inégale : le premier est le plus court, le deuxième et le fémur sont de longueur intermédiaire, tandis que le troisième et le quatrième sont les plus longs. Lorsqu'ils ne sont pas écartés, les extrémités des doigts forment une ligne fortement incurvée. Les griffes sont courtes, courbes mais puissantes, étant adaptées à la course et à l'escalade plutôt qu'a l’excavation ou à la nage. Les coussinets plantaires, larges et à quatre lobes, sont glabres mais entourés de poils sensoriels raides ; le Tayra possède également des vibrisses carpiennes (au niveau du poignet) particulièrement bien développées, ainsi que des doubles coussinets carpiens et métatarsiens, et un talon velu.

Comme la plupart des autres mustélidés, le Tayra possède des glandes anales odorantes. Celles-ci ne sont cependant pas hypertrophiées et leur sécrétion, bien qu'au parfum désagréable, n'est pas aussi forte ou piquante pour l'être humain que chez d'autres espèces ; le Tayra utilise le marquage olfactif pour communiquer ou délimiter son territoire, et non comme une tactique d'autodéfense à l'instar des mouffettes. Directement de la région dorsale jusqu'à l'anus s'étend une zone peu profonde et enfoncée, limitée latéralement par une faible crête cutanée. Cette structure est similaire sur le plan embryologique à la poche glandulaire sous-caudale profonde que l'on trouve chez le Blaireau européen (Meles meles). La région périnéale entre l'anus et la vulve ou le scrotum est très peu velue ou totalement nue. Contrairement à d'autres genres de mustélidés, l'os pénien (baculum) ne se ramifie pas à son extrémité. La femelle possède quatre mamelles.

Le sens de l'ouïe du Tayra a une limite supérieure de perception fixée à 85 kHz, tandis que sa limite supérieure utile est de 40 kHz. Cette gamme de perception auditive est inférieure à celle des félidés et des procyonidés, mais supérieure à celle des canidés et des ursidés. Sa perception olfactive peut déclencher une réaction de Flehmen en présence de diverses substances fortement odorantes, mais ce comportement est principalement observé en réponse à l'urine d'un autre individu : le Tayra retrousse alors les lèvres, plisse et rétracte le nez, lève la tête et suspend brièvement sa respiration.

sur la formule dentaire, on note l'absence des premières prémolaires (inférieures et supérieures), bien que chez de rares individus, la première prémolaire supérieure puisse parfois être conservée.

Répartition et habitat

Le Tayra se rencontre dans la majeure partie de l'Amérique du Sud à l'est des Andes, à l'exception du Chili, de l'Uruguay, d'une partie de la côte-Est du Brésil et de la quasi-totalité des régions centrales et méridionales de l'Argentine (sa présence y étant limitée à l'extrême nord). Il est également présent dans toute l'Amérique centrale et au Mexique, où sa limite Nord commence dans les États de Tamaulipas et de Veracruz sur la côte est, et de Sinaloa et Nayarit sur la côte ouest. On le trouve enfin sur l'île de Trinité.

Cette espèce fréquente principalement les forêts tropicales et subtropicales. Néanmoins, les individus peuvent traverser des prairies, des savanes ou d'autres milieux ouverts durant la nuit pour se déplacer d'un fragment forestier à un autre. Le Tayra est également observé dans des zones cultivées, des terres agricoles et des plantations d'arbres. L'espèce n'a pas été documentée à des altitudes supérieures à 2 400 mètres et devient rare au-delà de 1 200 mètres.

Au Brésil, l'animal est présent au sein de la Mata Atlântica, de la Forêt amazonienne, du Cerrado, de la Caatinga et du Pantanal. Sa densité de population varie considérablement selon le biome étudié : elle est estimée à 0,3 individu par kilomètre carré sur l'île de Maracá ; à 6,7 individus par kilomètre carré dans les zones anthropisées du sud de l'État de Roraima ; à seulement 0,03 individu pour 10 kilomètres carrés dans la portion nord-orientale de la Mata Atlântica ; à 0,37 individu par kilomètre carré dans les zones forestières du Pantanal et à 0,48 individu par kilomètre carré dans les zones de cerrado de ce même Pantanal.

Écologie et comportement

Activité

Le Tayra est un animal principalement diurne, arborant des pics d'activité au début de la matinée et en fin d'après-midi. Néanmoins, il peut occasionnellement s'activer la nuit, en particulier après minuit ou lorsqu'il vit à proximité des installations humaines où il adopte alors un comportement plutôt crépusculaire ou nocturne. Pour se reposer ou s'abriter, il utilise des arbres creux, des nids installés dans les fourches des branches ou des terriers souterrains creusés à la base des troncs. Au Costa Rica, l'entrée d'un terrier excavé au pied d'un Sapotillier (Manilkara zapota) présentait un diamètre de 12 cm. En captivité, les individus préfèrent les nichoirs suspendus en hauteur et en éjectent systématiquement les matériaux de nidification si l'on tente d'en introduire.

Le Tayra consacre environ 25 % de son temps à se nourrir ou à se reposer directement dans la canopée, ce qui démontre une forte tendance à un mode de vie arboricole. C'est un grimpeur exceptionnel qui utilise sa longue queue pour maintenir son équilibre et il est capable de sauter de cime en cime lorsqu'il est poursuivi. Pour descendre ou grimper le long des troncs verticaux, il progresse la tête la première en alternant la prise de ses pattes antérieures et postérieures. Au sol ou sur les grosses branches horizontales, il utilise une marche ou un trot classique, mais adopte un galop bondissant à grande vitesse. Il se dresse fréquemment à la verticale sur ses membres postérieurs pour inspecter son environnement, en particulier dans les hautes herbes. Bien que doté d'une palmure interdigitale partielle, il évite généralement l'eau en captivité ; toutefois, des traversées de cours d'eau en pleine nature ont été documentées à maintes reprises par télémétrie, et un individu a même été observé traversant un étang à la nage pour poursuivre un Mazame.

Présumé solitaire, il peut être observé en couples ou en petites cellules familiales composées d'une femelle et de ses jeunes. Les domaines vitaux varient fortement selon les régions : au Belize, un mâle couvrait 24,44 km2 et une femelle 16,03 km2, tandis qu'au sud-est du Brésil, le territoire d'une femelle n'excédait pas 5,3 km2, incluant des forêts secondaires et des prairies. Les vastes zones de chevauchement entre les domaines suggèrent que l'espèce exprime peu ou pas de comportement territorial défensif. Au Belize, le Tayra parcourt en moyenne 6,89 km par jour (le texte polonais et d'autres sources estimant de manière générale ses déplacements nocturnes entre deux et huit kilomètres).

Alimentation

Le Tayra est un omnivore opportuniste dont le régime alimentaire intègre une grande diversité de fruits, de miel, de petits vertébrés, d'insectes (arthropodes) et de charognes. Des analyses de fèces réalisées au Venezuela ont révélé une forte consommation de vertébrés forestiers comme le rat arboricole Pattonomys semivillosus, des rongeurs du genre Rhipidomys ou l'Iguane vert (Iguana iguana), complétée par des fruits locaux des genres Genipa, Zanthoxylum, Guazuma et Psychotria. Au Belize, l'alimentation se compose de petits mammifères tels que le Didelphe à oreilles noires (Didelphis marsupialis), le Rat d'eau Oryzomys palustris, le Rat cotonnier Sigmodon hispidus et le Rat noir (Rattus rattus), ainsi que de petits oiseaux (19,4 %), d'arthropodes (58 %) et d'une grande part de fruits (67,7 %), principalement la sapote Calocarpum mammosum ainsi que des fruits des genres Cecropia, Astrocaryum et Spondias.

Bien qu'il cible majoritairement de petites proies, le Tayra s'attaque parfois à des animaux de taille impressionnante. Des tentatives de prédation et des captures réussies ont été documentées sur le Paresseux à trois doigts (Bradypus tridactylus) au Brésil et sur le Paresseux à gorge brune (Bradypus variegatus) au Costa Rica. Des études publiées en 2021 confirment qu'il chasse le Dague gris (Mazama gouazoubira), des tatous (Dasypus sp.), le Lapin du Brésil (Sylvilagus brasiliensis) ainsi que le Tamarin lion à croupe rousse (Leontopithecus chrysopygus), se montrant tout à fait capable de tuer des proies dont le poids corporel équivaut au double du sien. En captivité, son opportunisme s'étend aux champignons, au lait, au pain, aux œufs, à la viande cuite, aux aliments industriels pour animaux et aux restes de table. Les proies et aliments sont localisés principalement grâce à un odorat fin, la vue du Tayra étant relativement médiocre. Une fois la cible détectée, il engage une poursuite active et tenace, délaissant l'approche furtive ou les techniques d'affût.

Un comportement unique de stockage prévisionnel a été mis en évidence : le Tayra cueille des bananes, ou d’autres bananes sauvages comme la banane plantain, encore vertes et impropres à la consommation pour les cacher dans des remises spécifiques, puis revient quelques jours plus tard manger l’intérieur une fois celle-ci mûri et ramolli.

Reproduction et cycle de vie

En captivité, l'activité sexuelle se déroule principalement en journée, bien que des comportements reproducteurs nocturnes impliquant une femelle et deux mâles aient été signalés à l'état sauvage sur l'île de Barro Colorado au Panama. Les mâles sont fertiles toute l'année et atteignent leur maturité sexuelle à 18 mois, tandis que les femelles connaissent leurs premières chaleurs vers l'âge de 22 mois. Le cycle œstral dure environ 52 jours chez les jeunes femelles et grimpe à 94 jours chez les individus plus âgés ; l'œstrus se répète plusieurs fois par an et dure de 3 à 20 jours. La gestation s'étend sur 63 à 67 jours (parfois jusqu'à 70 jours) et ne comporte aucune diapause embryonnaire. Les portées comptent de un à trois ou quatre petits, les jumeaux étant le cas le plus fréquent. La femelle prend seule soin de la progéniture, le mâle s'éloignant après l'accouplement. En captivité, la femelle se montre agressive envers le mâle en fin de gestation, bien qu'un cas de cohabitation pacifique avec les petits ait été observé sans que le mâle ne participe directement à leur élevage.

Les nouveau-nés sont altriciaux : ils naissent aveugles, les conduits auditifs bouchés, pèsent environ 100 g mais possèdent déjà une fourrure noire complète. Le développement des jeunes suit un calendrier rigoureux divisé en cinq étapes majeures :

Pour maintenir le contact hors du nid lorsqu'ils ne se voient pas, la mère et ses petits communiquent par des cliquetis vocaux spécifiques. Face à une menace, la mère protège sa progéniture en la serrant contre son corps ou en la déplaçant à l'abri dans une nouvelle cachette en la saisissant par le cou ou par les oreilles ; l'attention et l'efficacité de la femelle s'améliorent au fil des portées successives. L'apprentissage des techniques de chasse est progressif : dès l'âge de trois mois, les jeunes tentent de mordre les membres ou l'arrière-train de petits rongeurs ou d'oiseaux, avant de perfectionner l'orientation de leur morsure pour infliger une mise à mort létale à la base du crâne. La mère soutient cette éducation en rapportant régulièrement des proies blessées ou ralenties qu'elle relâche devant eux pour qu'ils s'exercent à les capturer et à les tuer.

Interactions interspécifiques

Aucun cas de prédation naturelle de la part de grands vertébrés n'a été répertorié sur le Tayra adulte. Sur le plan de la parasitologie, des analyses menées dans l'est du Brésil ont révélé la présence d'un parasite sanguin interne, le trypanosome Trypanosoma cruzi (agent de la maladie de Chagas), ainsi que de deux espèces de puces externes : la puce du chat Ctenocephalides felis felis et Hechtiella lopesi. Au Mexique, l'examen d'un individu victime d'une collision routière à Calakmul a révélé une infection par trois taxons de nématodes intestinaux et pulmonaires : Molineus sp., un genre non déterminé de la sous-famille des Physalopterinae, ainsi que le ver du cœur du chien Angiostrongylus vasorum.

Le Tayra et l’Homme

Espèce charismatique, le Tayra est fréquemment présenté dans les parcs zoologiques mondiaux. S'apprivoisant facilement lorsqu'il est capturé jeune, il a autrefois été utilisé par plusieurs peuples autochtones d'Amérique du Sud comme animal de compagnie et auxiliaire domestique pour contrôler les populations de rongeurs indésirables. En raison de la fragmentation des habitats et de la proximité des exploitations agricoles, des frictions mineures ont lieu avec l'être humain : le Tayra pille occasionnellement les basses-cours pour consommer des volailles ou pénètre dans les cultures de maïs, de canne à sucre et les vergers, bien que les pertes économiques induites demeurent globalement minimes.

Menaces et conservation

Les populations sauvages de Tayras diminuent petit à petit, en particulier au Mexique, en raison de la destruction de leur habitat à des fins agricoles. D'autres facteurs de déclin incluent les collisions routières ; la proximité avec les animaux domestiques (qui peut engendrer une compétition pour les ressources et la transmission de maladies) ; la mortalité accidentelle lors du brûlage des champs de canne à sucre ; ainsi que les conflits avec les éleveurs de volailles, les apiculteurs et les agriculteurs en raison des dommages causés aux ruches artificielles, de la prédation des poules et des dégâts occasionnés dans les vergers et les cultures fruitières.

L'espèce est classée dans la catégorie « Préoccupation mineure » sur la Liste rouge de l'UICN, à l'exception de sa sous-espèce E. b. senex qui est considérée comme vulnérable. Le Honduras a également inclus l'espèce à l'Annexe III de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

Au Brésil, le Tayra a été évalué comme étant de préoccupation mineure sur les listes des États de São Paulo (2009), du Paraná (2010) et de Bahia (2017), mais il est classé comme vulnérable dans le Rio Grande do Sul (2014). Jusqu'en 2003, il ne figurait pas sur la liste nationale de la faune menacée du Ministère de l'Environnement brésilien, et il est aujourd'hui classé au niveau national comme espèce de préoccupation mineure.

Notes et références

Notes

Références

(en)/(pt)/(pl) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Tayra » (voir la liste des auteurs), en portugais « Irara » (voir la liste des auteurs) et en polonais « Hirara amerykańska » (voir la liste des auteurs).

Bibliographie

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(en) « The Key to Scientific Names », Ithaca, Cornell Lab of Ornithology

Voir aussi

(en) Mammal Diversity Database (MDD) : Eira barbara (consulté le 4 juillet 2026)

(en) Animal Diversity Web : Eira barbara (consulté le 29 mai 2013)

(en) Brainmuseum : Eira barbara (consulté le 29 mai 2013)

(en) Catalogue of Life : Eira barbara (Linnaeus, 1758) (consulté le 16 décembre 2020)

(fr + en) CITES : espèce Eira barbara (Linnaeus, 1758) (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC) (consulté le 29 mai 2013)

(fr) CITES : taxon Eira barbara (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le 29 mai 2013)

(fr + en) ITIS : Eira barbara (Linnaeus, 1758) (consulté le 29 mai 2013)

(en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Eira barbara Linnaeus, 1758 (consulté le 29 mai 2013)

(en) NCBI : Eira barbara (taxons inclus) (consulté le 29 mai 2013)

(en) Paleobiology Database : Eira barbara Linnaeus 1758 (consulté le 29 mai 2013)

(en) UICN : espèce Eira barbara (Linnaeus, 1758) (consulté le 29 mai 2013)

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