Aigle

Aigle est un mot de 5 lettres formé à partir du mot Aigl auquel on ajoute la lettre E.

Aigle
Aigle

Aigle est le nom vernaculaire de certains grands rapaces planeurs diurnes de la famille des Accipitridés. Dans la nomenclature aviaire en langue française, le terme désigne trente-huit espèces d'oiseaux qui constituent douze genres (dont certaines espèces aujourd'hui disparues).

Physiologie, comportement et écologie

Les caractéristiques générales des aigles sont celles des Accipitridés, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur description ou leur mode de vie.

Caractéristiques communes

Les aigles sont de grands rapaces planeurs diurnes qui possèdent des pattes puissantes et de grandes serres qui leur permettent de saisir leurs proies. Ils ont grande acuité visuelle leur permettant de repérer celles-ci à distance.

Les aigles ont des ailes qui présentent une émargination importante, ce qui les distingue des Falconidae. Comme certaines buses, ils ont des tarses emplumés, mais les aigles en ont de plus grands que celles-ci.

De nombreuses espèces d'aigles sont vulnérables à la destruction de leur habitat. Situés en tête de chaîne alimentaire, ces oiseaux de proie concentrent dans leur organisme de nombreux polluants, notamment des pesticides et des métaux lourds. Ils sont par conséquent, au même titre que d'autres prédateurs et nécrophages, fréquemment victimes de saturnisme aviaire, un empoisonnement au plomb particulièrement grave.

Le saturnisme aviaire résulte principalement de l'ingestion de grenailles de plomb présentes dans les carcasses d'animaux abattus à la chasse. Les aigles dorés et les pygargues à tête blanche sont particulièrement exposés dans les régions de chasse intensives, notamment en Amérique du Nord.

Lexicologie

Pour désigner son cri, on dit que l'aigle glatit ou trompette. Le petit de l'aigle est un aiglon. Sa femelle est une aigle.

Étymologie

Le nom commun français aigle est issu du latin aquila, sans doute par l'intermédiaire de l'ancien provençal aigla (ce qui expliquerait le maintien du g en français), en effet, l'ancien français avait aille « aigle », évolution plus régulière. Le nom latin – repris à l'époque moderne pour désigner le genre Aquila – se continue dans d'autres langues romanes comme l'espagnol (es). Le nom français est passé dans l'anglais pour devenir eagle. En revanche, l'allemand Aar ou Adler (vieux haut allemand adelar, sur adel « noble » et ar « aigle », littéralement « noble aigle ») et le grec ἀετός / aetós ont d'autres origines.

Double genre du mot « aigle »

L'usage a semblé hésiter en ce qui concerne le genre du mot aigle, sans doute en raison de son genre étymologique (le mot est féminin tant en latin qu'en provençal). Mais alors qu'il est encore très souvent féminin au XVIe siècle, le Dictionnaire de l'Académie française le déclare en 1694 de genre masculin lorsqu'il désigne l'oiseau, peut-être par analogie avec d'autres noms d'oiseaux de proie (faucon, épervier...).

Dans l'usage français actuel, le nom commun aigle est masculin quand il désigne l'oiseau en général ou quand il est employé au sens figuré pour désigner un homme de génie. Il est féminin quand il désigne la femelle de l'oiseau ou qu'il est employé en héraldique ou comme synonyme d'étendard.

Toutefois, il y a des exemples d'utilisation du mot au féminin en français classique pour désigner l'oiseau en général (textes de Bossuet, La Fontaine ou Voltaire) et aussi des exemples plus exceptionnels (Mairet, Boileau) où le masculin a été employé pour des étendards. Le Littré conclut en ce qui concerne le premier cas qu'il n'y a aucune faute à employer le féminin et, en ce qui concerne le deuxième cas, que l'usage a statué contre.

Liste de noms français et noms scientifiques correspondants

Noms normalisés

Liste alphabétique des noms normalisés selon la CINFO (màj 2009) et Avibase, en regard du nom scientifique valide reconnu par la classification de référence (version 6.4, 2016) du Congrès ornithologique international.

Ils constituent les 12 genres suivants : Aquila, Harpagornis †, Harpyopsis, Hieraaetus, Ictinaetus, Lophaetus, Nisaetus Oroaetus, Pithecophaga, Polemaetus, Spizaetus et Stephanoaetus.

Aigle à ventre roux - Hieraaetus kienerii, syn. Aquila kienerii - Rufous-bellied Eagle

Aigle botté - Hieraaetus pennatus, syn. Aquila pennata - Booted Eagle

Aigle couronné - Stephanoaetus coronatus - Crowned Eagle

Aigle criard - Aquila clanga - Greater Spotted Eagle

Aigle d'Australie - Aquila audax - Wedge-tailed Eagle (appelé également uraète)

Aigle d'Ayres - Hieraaetus ayresii, syn. Aquila ayresii - Ayres's Hawk-Eagle

Aigle de Blyth - Nisaetus alboniger , syn. Spizaetus Alboniger - Blyth's Hawk-Eagle

Aigle de Bonelli - Hieraaetus fasciatus, syn. Aquila fasciata - Bonelli's Eagle

Aigle de Cassin - Spizaetus africanus - Cassin's Hawk-Eagle

Aigle de Gurney - Aquila gurneyi - Gurney's Eagle

Aigle de Haast(?) - Harpagornis moorei † - Haast's Eagle(?)

Aigle de Java - Nisaetus bartelsi, syn. Spizaetus Bartelsi - Javan Hawk-Eagle

Aigle de la Sonde - Spizaetus floris - Flores Hawk-Eagle

Aigle de Nouvelle-Guinée - Harpyopsis novaeguineae - Papuan Eagle

Aigle de Verreaux - Aquila verreauxii - Verreaux's Eagle

Aigle de Wahlberg - Aquila wahlbergi, syn. Hieraaetus wahlbergi - Wahlberg's Eagle

Aigle de Wallace - Nisaetus nanus, syn. Spizaetus nanus - Wallace's Hawk-Eagle

Aigle des Célèbes - Nisaetus lanceolatus, syn. Spizaetus lanceolatus- Sulawesi Hawk-Eagle

Aigle des Philippines - Nisaetus philippensis, syn Spizaetus Philippensis - Philippine Hawk-Eagle

Aigle des singes - Pithecophaga jefferyi - Philippine Eagle

Aigle des steppes - Aquila nipalensis - Steppe Eagle

Aigle d'Isidore - Oroaetus isidori, syn. Spizaetus isidori - Black-and-chestnut Eagle

Aigle fascié - Hieraaetus spilogaster, syn. Aquila spilogaster - African Hawk-Eagle

Aigle huppard - Lophaetus occipitalis - Long-crested Eagle

Aigle huppé - Nisaetus cirrhatus, Syn. Spizaetus cirrhatus - Crested Hawk-Eagle

Aigle ibérique - Aquila adalberti - Spanish Imperial Eagle

Aigle impérial - Aquila heliaca - Eastern Imperial Eagle

Aigle lancéolé - Aquila hastata - Indian Spotted Eagle

Aigle martial - Polemaetus bellicosus - Martial Eagle

Aigle montagnard - Nisaetus nipalensis, syn. Spizaetus nipalensis - Mountain Hawk-Eagle

Aigle nain - Hieraaetus morphnoides, syn. Aquila morphnoides - Little Eagle

Aigle noir - Ictinaetus malayensis - Black Eagle

Aigle noir et blanc - Spizaetus melanoleucus, syn. Spizastur melanoleucus - Black-and-white Hawk-Eagle

Aigle orné - Spizaetus ornatus - Ornate Hawk-Eagle

Aigle pomarin - Aquila pomarina - Lesser Spotted Eagle

Aigle ravisseur - Aquila rapax - Tawny Eagle

Aigle royal - Aquila chrysaetos - Golden Eagle

Aigle tyran - Spizaetus tyrannus - Black Hawk-Eagle

Autres noms d'aigles en français

Liste alphabétique des noms vulgaires ou des noms vernaculaires attestés en français qui n'ont pas été retenus par la nomenclature normalisée :

Aigle féroce ou Harpie féroce - Harpia harpyja

Aigle blanchard - Stephanoaetus coronatus

Aigle chasseur - Accipiter gentilis

Aigle géant de Haast - †Hieraaetus moorei

Aigle Jean-le-Blanc - Circaetus gallicus

Aigle pêcheur ou Pygargue - genres Haliaeetus et Icthyophaga

Aigle à tête blanche, ou plutôt exactement Pygargue à tête blanche - Haliaeetus leucocephalus, dit aussi aigle chauve par traduction impropre de son nom anglophone Bald eagle.

Les aigles dans la culture

Symbolisme

L'aigle est le symbole de nombreux organismes et nations. Il peut se présenter sous la forme d'un aigle simple ou d'un aigle à deux têtes. Il représente les idées de beauté, de force et de prestige. Chez les Romains, l'aigle devient, à partir de la réforme de Caius Marius, l'enseigne emblématique des légions romaines. Les pièces allemandes de 1 et 2 euros portent l'aigle fédéral, symbole traditionnel de la souveraineté allemande, entouré des étoiles de l'Europe.

L'aigle, capable de s'élever au-dessus des nuages et de fixer le soleil, est universellement considéré comme un symbole à la fois céleste et solaire, les deux aspects pouvant d'ailleurs se confondre.

Roi des oiseaux, il contourne le symbolisme général de ceux-ci, qui est celui des anges, des états spirituels supérieurs. Dans l'Antiquité gréco-romaine, l'aigle est associé à Zeus/Jupiter, dont il est l'un des animaux sacrés ; Zeus prend lui-même la forme d'un aigle dans certains récits, notamment lors de l'enlèvement de Ganymède.Dans certaines traditions chamaniques sibériennes, l'aigle est associé au monde céleste et aux puissances supérieures. Cette fonction apparaît notamment dans des récits bouriates où l'aigle intervient dans l'origine du premier chamane, ainsi que dans des traditions iakoutes où il est rapproché d'Ai Toyon, l'Être suprême, et de Toyon Kötör, le « Seigneur des oiseaux ». Au Japon, l'aigle apparaît aussi dans le nom du kami Ame-no-Hiwashi-no-Kami ou Ame-no-Hiwashi-no-Mikoto (天日鷲神 / 天日鷲命), que W. G. Aston traduit par « heaven-sun-eagle », c'est-à-dire « ciel-soleil-aigle ». Une tradition du sanctuaire Ōtori d'Asakusa rattache ce nom à l'épisode où Amaterasu sort de la caverne céleste : un aigle se serait alors posé sur un instrument rituel, signe favorable du retour de la lumière.

Dans les traditions amérindiennes des Plaines, notamment chez les Lakotas, l'aigle est associé au soleil et à la communication spirituelle. Les plumes et les sifflets en os d'aigle jouent un rôle central dans la Danse du Soleil, ou wiwanyang wachipi, « danse qui regarde le soleil », où ils sont censés faciliter le contact avec le Grand Esprit et porter les prières vers les cieux.Chez les Aztèques, l'aigle était l'animal totem du dieu Huitzilopochtli, dieu du Soleil et de la Guerre, et symbolisait à la fois la puissance solaire et l'élite guerrière. Cette symbolique perdure sur le drapeau du Mexique contemporain. En Grèce antique, selon la mythologie, Zeus aurait envoyé deux aigles depuis les extrémités orientale et occidentale du monde, et ces oiseaux de proie se seraient rencontrés à Delphes, point marqué par l'omphalos, symbole du « nombril du monde » et centre spirituel de la Grèce antique.

L'aigle capable de fixer le soleil est interprété, dans la tradition symbolique, comme une image de contemplation et de perception de la lumière spirituelle. Angelus Silesius reprend ce motif dans le Pèlerin chérubinique, où il compare le regard de l'aigle vers le soleil à celui du cœur pur vers l'éclat éternel. Cette symbolique se rattache aussi à l'iconographie chrétienne du tétramorphe, où l'aigle est l'attribut de saint Jean l'Évangéliste. Certaines œuvres d'art du Moyen Âge identifient l'aigle au Christ lui-même, dont il signifie l'Ascension et parfois la Royauté. Cette interprétation est une transposition du symbole romain de l'Empire. Les psaumes en font un symbole de régénération spirituelle, notamment le Psaume 103:5 (« Ta jeunesse se renouvelle comme celle de l'aigle »), comme le phénix.

Le symbole de l'aigle peut aussi recevoir une interprétation négative. Chevalier et Gheerbrant évoquent ainsi l'« aigle gauche », où l'exaltation de sa puissance devient démesure : dans la tradition chrétienne, le renversement du symbole christique peut conduire à une image de l'Antéchrist, associée à l'orgueil, à l'oppression et au rapace ravisseur. Il est aussi parfois symbole d'orgueil et d'oppression (ceci est lié au pouvoir impérial). C'est la perversion de son pouvoir.

Dans l'Armée de l'air française, l'aigle apparaît dans plusieurs insignes et emblèmes. À Salon-de-Provence, le livret officiel de la base aérienne 701 indique que l'aigle et la roue dentée représentent la base aérienne soutenant l'École de l'air et de l'espace, et autrefois l'École militaire de l'air. L'insigne de poitrine des commandos parachutistes de l'air, dit Sicut Aquila, homologué sous le numéro A 690 le 25 octobre 1956, représente également un aigle fondant sur sa proie.

Le Physiologus, texte grec chrétien du IIe siècle dont la première traduction latine date sans doute du IVe siècle, associe l'aigle à la régénération spirituelle. Le passage VIII consacré à l'aigle affirme que « Sa jeunesse va se renouveler comme celle de l'aigle », en référence au psaume, et décrit un processus de rajeunissement spirituel : l'aigle vieillissant se baigne trois fois dans une source et retrouve sa force. Cette métaphore de régénération a influencé l'iconographie chrétienne médiévale.

Expressions courantes

« Crier comme un aigle » : crier d'une voix aiguë et perçante.

« Avoir des yeux d'aigle » : avoir le regard perçant.

« Avoir un œil d'aigle » : avoir une grande pénétration, tout remarquer.

« Nid d'aigle » : construction difficilement accessible dans la montagne.

« Ce n'est pas un aigle » : se dit familièrement d'une personne à l'intelligence médiocre.

« Comme un aigle fond sur sa proie » : assaillir impétueusement, avec soudaineté.

Iconographie

Dans l'art

L'aigle apparaît fréquemment dans les arts plastiques. Dans l'art gréco-romain, c'est un des attributs de Zeus/Jupiter, qui prit sa forme pour enlever Ganymède, et il apparaît dans les représentations de Prométhée supplicié. Dans l'iconographie chrétienne, il est le symbole ou l'attribut de saint Jean l'évangéliste (surnommé l'Aigle de Patmos[réf. souhaitée]). Les lutrins sont ornés d'aigles à la symbolique complexe. L'aigle en effet s'attaque aux serpents, symbole du mal dès le premier Livre biblique qu'est celui de la Genèse ; il monte dans les hauteurs du ciel comme le Christ au moment de l'ascension. L'aigle est également l'emblème des légions romaines, repris par Napoléon qui en fait un symbole impérial, que les poètes associeront à son nom (l'aigle baissait la tête (Victor Hugo, Les Châtiments), L'Aiglon (Edmond Rostand)) et qui figure à ce titre dans l'iconographie impériale.L'art martial d'aigle symbolise : Audace et majesté.

Dans la chanson française

« L'Aigle noir » est une chanson de Barbara, dont elle signe les paroles et la musique. Elle paraît en 1970, notamment en 45 tours chez Philips, et donne son titre à l'album sorti le 28 mai 1970. La chanson est dédiée à Laurence, nièce de Barbara, et demeure l'un des titres les plus populaires de la chanteuse.

En 2015, selon un sondage BVA-Doméo-Presse régionale, « L'Aigle noir » arrive à la troisième place des chansons françaises préférées des Français, avec 22,5 % des votes, derrière « Mistral gagnant » et « Ne me quitte pas ».

La chanson a fait l'objet de lectures psychanalytiques, notamment par Philippe Grimbert, qui y voit une évocation symbolique du père et de l'inceste. Cette interprétation reste cependant à présenter comme une lecture parmi d'autres, certains auteurs soulignant le risque de réduire l'œuvre à cette seule clé biographique.

Dans la littérature

L'Aiglon est un drame en vers d'Edmond Rostand créé en 1900, qui prend pour thème la vie du duc de Reichstadt, fils de Napoléon Ier.

En héraldique

L'aigle se retrouve dans les armoiries de nombreux pays, telles celles de l'Allemagne, du Mexique, d'Égypte, de l'Albanie de la Pologne ou encore de l'Autriche.

Il faut noter qu'en héraldique, l'aigle est féminin.

L'« aigle » qui sert de symbole américain est en fait un pygargue, ou aigle pêcheur : le Pygargue à tête blanche.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Les rapaces

Berkutchi (chasse avec aigle)

Liens externes

(fr) Voir un schéma détaillé du bec et des pattes de l'aigle

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